Dans un contexte où les actions caritatives et humanitaires se multiplient à l’approche ou au cours des mandats politiques, une pratique suscite un malaise croissant dans le monde éducatif : la distribution d’uniformes scolaires à l’effigie d’hommes et de femmes politiques.
Face à ce phénomène, André le Molière Mukadi, jeune enseignant et fervent défenseur des valeurs éducatives sur la ville de Mwene Ditu, province de Lomami, en République Démocratique du Congo, tire la sonnette d’alarme dans une prise de parole citoyenne poignante.
Dans son message adressé à la communauté, l’enseignant tient d’abord à préciser sa démarche : il ne s’agit pas de rejeter les actes d’appui à l’éducation. Les dons de fournitures, de bancs ou d’uniformes apportent un soulagement réel à de nombreuses familles démunies.
Toutefois, André le Molière Mukadi établit une ligne rouge fondamentale : la politisation du corps des élèves.
« Un don destiné à l’éducation doit valoriser l’avenir des élèves, et non la visibilité personnelle du donateur. L’enfant doit-il porter un uniforme scolaire ou devenir un support de communication politique ? »
Pour étayer sa réflexion, le jeune enseignant rappelle le cadre juridique et déontologique qui régit le milieu scolaire :
* La Constitution de la RDC en son article 45 garantit l’accès à l’enseignement sans discrimination, notamment fondée sur les opinions politiques ou philosophiques. Transformer l’uniforme d’un enfant en symbole partisan va à l’encontre de cette neutralité garantie par la loi fondamentale.
* Deuxièmement, le jeune enseignant cité la Convention relative aux droits de l’enfant. Aux articles 28 et 29, ce texte international rappelle que l’éducation doit viser l’épanouissement complet de la personnalité de l’enfant et le respect des droits humains, à l’abri de toute forme d’instrumentalisation.
Pour André le Molière Mukadi, transformer l’uniforme scolaire en support publicitaire ou partisan porte atteinte à la dignité de l’élève et altère la vocation première de l’école : être un sanctuaire du savoir, neutre et protecteur.
L’alerte lancée par cet enseignant ne se limite pas à une critique ; elle propose une alternative éthique. La reconnaissance envers les bienfaiteurs est légitime, mais elle doit emprunter des canaux appropriés. Il s’agit, par exemple, d’organiser des cérémonies officielles d’expression de gratitude, d’adresser des lettres de remerciement administratives et communautaires et de conserver des uniformes sobres et neutres, symboles d’égalité entre tous les apprenants.
En signant sa tribune en tant qu’enseignant et défenseur des valeurs éducatives, André le Molière Mukadi rappelle une vérité essentielle : l’éducation n’est ni un marché politique, ni une tribune personnelle, mais un investissement dans l’avenir de la nation.
Son appel résonne comme un rappel à l’ordre salutaire pour la communauté éducative, les parents d’élèves et les décideurs politiques. Ceux-ci doivent retenir que la dignité des enfants et l’impartialité de l’école doivent rester au-dessus de toute ambition électorale.
Glodie Michée Kabambi












