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RDC : Apprenons à distinguer les actions de l’État de celles privées ! 

Édito de Maître Humberto Bukasa

En cette journée marquée par la manifestation de l’Union Sacrée pour la Nation (USN), nos cités ont une fois de plus offert le spectacle d’une gouvernance aux frontières floues. Entre confusion des rôles, paralysie du secteur informel et pression fiscale, un constat s’impose : le salut de notre peuple exige une séparation stricte et urgente entre l’action politique partisane et la gestion des affaires de l’État.

Bonjour à toutes et à tous,

À observer le déroulement de la marche organisée en ce mardi 22 septembre 2026 par la plateforme électorale au pouvoir, une interrogation fondamentale de théorie politique et de bon sens civique s’impose : où s’arrête la plateforme politique et où commence l’État ?

La confusion des genres : militer n’est pas administrer. Le premier constat de cette journée reste celui d’une paralysie paradoxale. Écoles fermées, marchés déserts avant midi, services publics au ralentissement et fonctionnaires réquisitionnés de fait pour la marche de l’USN : l’appareil d’État a semblé entièrement absorbé par le mot d’ordre d’un regroupement politique.

Pourtant, la rigueur institutionnelle et la neutralité de l’administration exigent une distinction claire :

* À la plateforme électorale (USN) : la tâche d’organiser et de limiter ses actions à la mobilisation de ses propres militants et sympathisants.

* Au Gouvernement de la République : le monopole, la compétence et la légitimité de mobiliser l’ensemble du peuple face aux enjeux nationaux et vitaux pour la Nation.

En confondant la mobilisation partisane avec l’action étatique, on fragilise la portée du message national. (Et loin de nous l’intention d’ouvrir ici le débat sur la révision ou le changement de la Constitution ; le sujet est avant tout un enjeu d’orthodoxie institutionnelle).

Le contraste le plus saisissant de cette journée se joue dans le quotidien du citoyen ordinaire, de l’opérateur économique et du petit commerçant :

* Une matinée confisquée : En raison de la journée sans école et des marchés paralysés avant midi, les commerçants ont perdu la moitié de leurs revenus quotidiens.

* Une soirée sous pression fiscale : Ce même soir, alors que le manque à gagner est acté, les agents percepteurs des différentes régies financières et services étatiques effectuent leurs rondes habituelles pour prélever les taxes.

Quel affarant paradoxe ! Comment exiger la contribution financière d’un citoyen à qui l’on a retiré, quelques heures plus tôt, la possibilité d’exercer librement son commerce ?

D’où viendra le salut de notre peuple ?

L’apprentissage de la démocratie et de l’État de droit passe impérativement par le respect du secteur privé et la protection du travail quotidien. On ne peut prétendre maximiser les recettes de l’État tout en perturbant de manière intempestive le tissu économique local.

Le salut du peuple congolais ne viendra ni de la politisation à outrance de la sphère publique, ni de l’instrumentalisation des services de l’État au profit de manifestations de parti. Il viendra d’une prise de conscience collective et du respect strict des rôles : un État protecteur et impartial, et des acteurs politiques responsables.

En attendant, ce soir encore, les commerçants feront leurs comptes dans l’amertume. Une réalité contrastée qu’il convient de questionner avec lucidité si nous voulons bâtir une nation véritablement juste.

Édito de Maître Humberto Bukasa adapté par la Rédaction

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