Une vive tension a régné en milieu d’avant-midi ce mercredi 1er juillet 2026 à Mwene-Ditu, dans la province de Lomami. Des tirs nourris ont retenti au sein de la prison urbaine, plongeant les riverains dans une panique générale. Entre crise de leadership administratif et colère des détenus laissés pour compte, les causes de cette surchauffe révèlent un malaise profond.
C’est une matinée d’angoisse qu’ont vécue les habitants des quartiers entourant la maison carcérale de Mwene-Ditu. Les détonations, parties de l’intérieur de la cour de la prison, ont surpris la population locale alors que rien ne présageait une telle escalade. Si les premières minutes de l’incident ont été dominées par l’incertitude, les langues commencent à se délier pour expliquer les racines de cette crise.
Contacté immédiatement par mwenedituscoop.net, le Coordonnateur intérimaire de la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC) de Lomami, Me Humberto Bukasa, a confirmé la situation. Selon lui, l’établissement vit sous le coup d’un conflit de gestion majeur qui paralyse son fonctionnement.
Derrière les murs de la prison se joue un conflit de leadership aux conséquences dramatiques. D’un côté, les autorités provinciales ont désigné Albert Kafwata pour diriger la prison ; de l’autre, le ministère national de la Justice et son administration ne reconnaissent que Daniel Kazadi comme seul et unique directeur légitime.
Ce bicéphalisme a poussé le gouvernement central à taper du poing sur la table, avec des répercussions directes sur le quotidien des prisonniers :
« À cause de cette situation d’illégitimité, Kinshasa aurait suspendu l’approvisionnement et les dotations de cette geôle », indiquent des sources concordantes. Un blocage humanitaire qui aggrave des conditions de détention déjà précaires.
De son côté, l’hôtel de ville propose une autre lecture des événements, tout en confirmant la gravité des faits. Le maire de la ville, Gérard Tshibanda, indique que les prisonniers ont initié des troubles pour revendiquer un droit fondamental : celui d’être jugés.
Les détenus réclament avec véhémence la tenue d’audiences foraines par le Tribunal de grande instance (TGI). En effet, cela fait plus de trois ans qu’aucune audience n’a été organisée pour statuer sur le sort des personnes incarcérées, prolongeant indéfiniment les détentions préventives. L’autorité urbaine a annoncé qu’elle se rendait sur place pour s’enquérir personnellement de la situation et rétablir le calme.
Cette révolte remet en lumière une anomalie qui dure depuis près d’un quart de siècle. Créée le 28 mars 2003, la “ville aînée de Lomami” ne dispose toujours pas d’un Tribunal de grande instance fonctionnel sur son propre sol.
Pour obtenir justice ou simplement faire acter un dossier, les justiciables et les autorités doivent parcourir plus de 250 kilomètres pour se rendre à Kabinda. Ce gouffre logistique et financier rend l’accès à la justice quasi impossible pour la majorité de la population et embourbe le système judiciaire local.
La situation reste tendue à la prison de Mwene-Ditu, et le retour au calme dépendra de la capacité des autorités à résoudre urgemment la crise humanitaire liée au ravitaillement, mais surtout à apporter une réponse concrète au calvaire juridique des détenus.
Rédaction











