Dans le territoire de Luilu, le plus peuplé de la province de Lomami, un climat de cacophonie s’est installé. En cause ? Un télescopage d’actions politiques à impact communautaire qui, sous des airs de bienfaisance, cache une réalité beaucoup plus sombre : la récupération malhonnête et le buzz numérique au détriment du développement réel.
Là où les pouvoirs publics tardent à répondre aux besoins de base, les interventions des leaders politiques et des parlementaires locaux apportent souvent un soulagement vital. Consciente de cette réalité, la population de Luilu reste attentive et profondément reconnaissante envers ses fils et filles qui répondent positivement à ses appels de détresse.
Cependant, informés de l’impact électoral de ces actions, certains acteurs politiques se transforment en véritables “Maradona politiques“.
Pour maximiser les chances de voir un projet communautaire aboutir (qu’il s’agisse d’un centre de santé, d’une école ou d’une église), les habitants de Luilu ont pris l’habitude de solliciter plusieurs donateurs à la fois. Un processus naturel de solidarité : un acteur apporte 10 tôles, un autre fournit des planches, et le projet sort de terre grâce à cet effort collectif. C’est notamment le cas pour les centres de santé de Tshimanda, de Bakwa Kamwenz et d’autres dons à Tshobobo, Kanyiki, Wikong, ainsi que pour plusieurs écoles et églises du territoire.
C’est précisément dans ces chantiers communautaires que certains politiciens locaux, soutenus par leurs équipes à la base, s’illustre par un record d’opportunisme. Leur stratégie est bien rodée : patrouiller le territoire à la recherche de chantiers déjà financés par d’autres bons Samaritains, et qui n’attendent plus que des finitions.
Il suffit que le bâtiment manque de quelques kilos de clous ou de portes pour que ces “sauveurs de dernière minute” surgissent. Gourmands de notoriété numérique, ils offrent ces quelques clous à une condition stricte : être filmé et photographié sous tous les angles. Objectif ? Inonder les réseaux sociaux et haranguer les internautes et la diaspora en s’attribuant la paternité exclusive de l’ouvrage.
” Cette forme d’escroquerie politique fait une victime collatérale majeure : la diaspora de Luilu. Éloignés du terrain, ces compatriotes meurent du souci de voir des images de chez eux et deviennent la proie des Maradona politiques et n’ont aucun moyen de contre-vérifier ces mises en scène mesquines !”
Au début, ces situations passaient pour des cas isolés. Aujourd’hui, la répétition permanente de ce manège a poussé la rédaction de terrain de LuCom Médias à arrêter la brouette. Plusieurs membres des communautés locales et de la diaspora, fatigués d’être les dindons de la farce, ont saisi notre groupe de presse.
Cet article se veut donc un signal d’alarme clair. Le territoire de Luilu ne peut en aucun cas servir de poubelle, ni de terrain de jeu pour une politique de pacotille. Un escroc politique est bien plus dangereux qu’un escroc social, car il vole l’espoir et la dignité de toute une communauté à des fins purement égoïstes. La population de Lomami mérite des leaders bâtisseurs, pas des chasseurs de clics.
La Rédaction












