L’exercice de contrôle parlementaire à l’Assemblée provinciale de Lomami, initialement perçu comme une quête de transparence technique sur la SAPLOM SASU, est en train de muter en un véritable séisme politique. Selon des observateurs à Kabinda, derrière les chiffres et les hectares non exploités, une ombre planerait sur l’hémicycle : celle d’une manœuvre ciblée visant à abattre politiquement le Vice-Gouverneur, Célestin Kayembe.
Le déballage du Directeur Général de la SAPLOM, Master Alpha Nsomue Mulamba, ce mardi 12 Mai 2026, ressemble à s’y méprendre à un scénario écrit d’avance, font croire certains analystes avertis de la politique à Lomami.
” En affirmant que le circuit financier de 163 millions de francs congolais n’était connu que du Vice-Gouverneur et du ministre de l’Agripel, le DG semble avoir sciemment déposé un cadeau empoisonné au pied de la représentation provinciale, ” confie un analyste ayant requis l’anonymat depuis le chef-lieu.
Qualifié de « baiser de Judas » administratif, cet acte pose question : comment une société commerciale, censée disposer d’une autonomie de gestion, peut-elle justifier une telle opacité par la simple volonté d’une autorité de tutelle ? Pour beaucoup d’observateurs à Kabinda, l’argument sonnerait comme le déclencheur d’une machine à broyer une ascension politique gênante.
Célestin Kayembe n’est pas qu’un nom sur une ordonnance présidentielle. Il incarne l’équilibre géopolitique de la province de Lomami et du territoire de Luilu, une zone qui revendique légitimement sa place dans le concert décisionnel provincial. Depuis les coins du territoire le plus peuplé de cette province, des voix de dénonciation montent.
” Apparemment, on voudrait livrer le vice-gouverneur sur la base de ces déclarations. La vindicte parlementaire serait une couverture d’une stratégie d’isolement,” indiquent-elles.
Si cette « démarche ourdie », comme affirment certains, devait aboutir à une déchéance, le prix à payer pour Lomami ne se chiffrerait pas en millions de francs, mais en années de fracture sociale. Alors que la suppression des provinces instables et non viables a été évoquée par le Président Félix Tshisekedi, lors de sa conférence de presse, cette démarche pourrait justifier le cas de Lomami et aurait le risque d’exclure symboliquement tout un territoire du pacte de gouvernance locale.
L’Assemblée provinciale est-elle le théâtre d’un audit sincère ou le tribunal d’une exécution politique programmée ? Les députés provinciaux, particulièrement ceux de Luilu, doivent voir au-delà du rideau de fumée de la SAPLOM.
” En se laissant instrumentaliser par ce qui ressemble à un « traître baiser », ils pourraient être les artisans involontaires de la déstabilisation de leur propre foyer politique après l’échec des élections du 20 décembre 2023 et la cuite des sénatoriales, confie un candidat non élu.
La séance de 48 heures ne sera pas seulement un interrogatoire ; elle sera le révélateur des intentions réelles de ceux qui, dans l’ombre, tirent les ficelles de ce dossier agricole pour récolter des têtes politiques.
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