Une urgence silencieuse ronge l’un des axes majeurs de la province de Lomami. À Kamand Kadil, agglomération du secteur de Kanda Kanda, territoire de Luilu, un ravin actif menace de couper définitivement la route provinciale qui relie Kabinda à Ngandajika et Luilu jusqu’au Lualaba. Sur place, l’inquiétude est palpable et la population, dans un cri unanime, appelle les autorités à une intervention immédiate.
Cette route n’est pas qu’une simple voie de passage. Elle constitue la colonne vertébrale économique et sociale de cette partie de Lomami. Partant de Kabinda, traversant Ngandajika, elle dessert Kamand Kadil, territoire de Luilu, avant de filer vers la province du Lualaba via la chefferie de Katshisungu. Elle est le lien quotidien pour les trafics de marchandises, les transactions commerciales et les déplacements des populations.
« Chaque jour, nous sommes contraints de nous côtoyer, que ce soit sur le plan social, économique ou scolaire », témoignent des habitants, soulignant l’importance vitale de cet axe. Sa coupure partielle, déjà effective à cause de l’érosion, étrangle progressivement la vie locale.
Lors de la descente sur terrain des reporters de Mwenedituscoop.net, la frustration et l’urgence étaient tangibles.
« Ce ravin est notre priorité des priorités maintenant », ont lancé les habitants, conscients que le temps joue contre eux.
Les riverains, dont les parcelles et parfois les habitations sont directement menacées par l’avancée du ravin, ont un interlocuteur en tête. Leurs appels à l’aide sont dirigés vers le gouvernement provincial de la Lomami, via les députés, et surtout vers le vice-gouverneur Célestin Kayembe Tshiaji Tshibol.
« En sa qualité d’élu issu de ce coin, nous comptons sur le numéro deux de l’exécutif provincial », affirment-ils avec un mélange d’espoir et d’insistance. Ils rappellent ainsi le lien de responsabilité et la connaissance du terrain qu’ils prêtent à leur élu.
Le danger est double. Il menace directement la sécurité des habitations riveraines, mais il hypothèque aussi l’avenir économique de Kamand Kadil, une agglomération dynamique de plus de 20 000 habitants, répartis dans treize quartiers.
Situé à une vingtaine de kilomètres de Ngandajika, ce « joli coin du territoire de Luilu », comme le décrit la population, risque de se voir isolé. L’érosion, si elle n’est pas maîtrisée, pourrait annuler des années d’efforts de développement et de connexion.
La balle est désormais dans le camp des autorités. L’appel lancé depuis Kamand Kadil est un test : celui de la capacité de l’administration à répondre rapidement aux urgences concrètes de sa base. La population observe et espère que le pragmatisme et l’approche de terrain souvent attribués au vice-gouverneur Tshiaji Tshibol se traduiront par une action rapide pour sauver leur route, leurs maisons et leur économie.
L’histoire de ce ravin est devenue celle de la résilience d’une communauté face aux aléas naturels, et de sa foi dans ses institutions. La suite dira si cette confiance est bien placée.
Rédaction, Gédéon Sulu, Gaël Sabue Matand’a Kapol












