Alors que la République Démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda semblent se diriger vers une étape cruciale dans leurs pourparlers de paix, un appel spirituel émanant des cercles proches de l’administration américaine a retenti, plaçant le président Félix Tshisekedi au centre d’une intense attente diplomatique et religieuse.
Dimanche 30 novembre, le Pasteur Travis Johnson, conseiller et ancien aumônier personnel de l’ancien président Donald Trump, et actuellement sous-directeur du Bureau de la Foi à la Maison Blanche, a lancé un vibrant appel à la prière sur les réseaux sociaux.
Dans son message, il a invité ses fidèles à « prier pour le président Félix Tshisekedi et la République Démocratique du Congo cette semaine ». Il a précisé : « Le 4 décembre, le président Tshisekedi de la RDC et Paul Kagame du Rwanda rencontreront le président Trump dans le Bureau ovale où ils signeront un accord de paix. J’ai des idées plus précises à venir ».
Ses trois principales raisons d’action de grâce étaient :
1. Pour le président Tshisekedi, « car c’est à travers lui que la paix durable viendra à l’Est du pays ».
2. Pour « le peuple extraordinaire de la RDC » qui « mérite la paix ».
3. Pour le président Donald Trump, affirmant que « le monde se porte mieux » sous son action.
Cet appel a été largement partagé et commenté dans la communauté congolaise en ligne, avec des messages de soutien comme : « La Délivrance et la libération de notre pays la RDC méritent la prière pour notre président FATSHI BÉTON ».
Si l’appel à la prière est bien réel et confirme l’importance accordée à ce dossier par une frange influente de Washington, la confirmation officielle de l’agenda précis du 4 décembre reste à établir. Cependant, les autorités congolaises ont confirmé le déplacement.
· Le 29 novembre, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a annoncé que le président Tshisekedi se rendrait à Washington pour « finaliser » l’accord de paix esquissé en juin, en insistant sur les conditions sine qua non pour la RDC : le retrait des troupes rwandaises et le respect de sa souveraineté.
· Le 28 novembre, lors d’un discours à la diaspora, le président Tshisekedi lui-même a déclaré se rendre à Washington, mais a fermement réitéré : « Je ne vais pas faire du mélange (d’armées)… L’autre doit respecter ma souveraineté ». Cette mise au point répondait aux craintes et aux critiques, comme celles du leader de l’opposition Martin Fayulu, qui avait exigé plus de transparence sur le contenu de l’accord avant tout voyage.
Diplomatie de la prière” et enjeux souverains
Cette séquence révèle deux dynamiques en cours :
1. Le rôle de la “diplomatie de la prière” : L’intervention publique du Pasteur Johnson n’est pas isolée. Elle s’inscrit dans un cadre où la dimension religieuse et spirituelle est activement mobilisée comme outil de soft power et de légitimation dans ce processus de paix. Cela renforce symboliquement le rôle central accordé au président Tshisekedi par ces cercles, mais génère aussi une attente immense.
2. La fermeté des positions congolaises face au flou : Malgré l’effervescence spirituelle et médiatique, le gouvernement congolais maintient un discours d’une clarté remarquable sur le fond. Les conditions de Kigali, retrait des troupes, fin du soutien au M23, réaffirmation de l’intégrité territoriale, sont répétées comme un mantra officiel. Le décalage entre la certitude de l’appel à la prière et l’absence d’annonce formelle conjointe des trois capitales concernées nourrit une période de vigilance extrême, tant au sein de la classe politique que dans l’opinion publique congolaise.
À la veille d’un possible moment historique, la RDC vit un mélange d’espoir, de prière et d’exigence de fermeté. L’appel du Pasteur Travis Johnson a jeté une lumière particulière sur les coulisses de cette diplomatie, mettant en avant la foi comme élément de soutien.
Rédaction












