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Lomami 2026 : Un budget en chute libre de 31 %, doit-on s’inquièter ?

La province de Lomami entamera l’année 2026 avec un portefeuille nettement moins fourni. Le projet d’édit budgétaire de 407,2 milliards de Francs congolais, présenté par le Gouverneur Iron-Van Kalombo Musoko et déclaré recevable par l’Assemblée provinciale ce mardi 25 novembre, enregistre en effet une sévère contraction de 31 % par rapport au budget de 2025. Cette cure d’austérité, dictée par de sévères contraintes financières, laisse planer le spectre de répercussions significatives sur la vie quotidienne des citoyens.

Le constat d’une cure d’austérité inévitable

Chiffré à 407,211 milliards FC, le nouveau budget marque un recul important par rapport aux plus de 592 milliards FC de l’exercice 2025. Le Vice-Gouverneur Célestin Kayembe Tshiaji Tshibola, à l’origine du dépôt du projet, a justifié cette révision à la baisse par un trio de facteurs structurels handicapants pour les finances provinciales : la faible mobilisation des recettes locales, l’irrégularité de la rétrocession des fonds par le pouvoir central et la baisse des financements extérieurs.

Cette situation a contraint l’exécutif provincial à revoir ses ambitions à la baisse, un aveu d’impuissance face à des difficultés financières systémiques. La recherche de nouvelles recettes ayant visiblement montré ses limites, comme en témoigne l’échec récent de la tentative de recouvrement forcé des impôts locaux. Cette opération, menée par la Direction Générale des Recettes Provinciales (DGRLO), avait été vivement critiquée pour ses méthodes « excessivement coercitives » avant d’être purement et simplement abandonnée face à la pression des contribuables et des élus provinciaux.

Les conséquences pressenties sur le quotidien des Lomamiens

Si l’exécutif met en avant une politique budgétaire articulée autour de cinq axes majeurs – dont la relance économique et le progrès social – une baisse de cette ampleur ne peut être sans impact. Les populations de Lomami pourraient en subir les contrecoups de plusieurs manières :

Pression fiscale accrue sur les contribuables : Malgré l’échec récent du recouvrement forcé, la province, à court de revenus, pourrait être tentée de durcir sa politique fiscale pour tenter de combler le déficit. Cette perspective menace le pouvoir d’achat des ménages et le fragile tissu des petites et moyennes entreprises locales, déjà mis à mal par les récentes opérations de la DGRLO.

Une lueur d’espoir dans la rigueur ?

L’adoption du budget à l’unanimité par l’Assemblée provinciale suggère que, malgré les craintes, les élus ont acté la réalité des comptes. Elle démontre également une forme de consensus sur la nécessité d’une gestion plus rigoureuse des deniers publics.

Le défi pour le Gouverneur Iron-Van Kalombo Musoko et son gouvernement sera maintenant de prouver que cette austérité subie peut être convertie en une gestion plus efficace et transparente. Il s’agira de prioriser l’essentiel et de démontrer que chaque franc congolais, bien que plus rare, sera employé de manière optimale au service des populations. L’année 2026 sera, à cet égard, un test crucial pour la capacité de la province à protéger sa population malgré la tempête financière.

Rédaction

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