Lancé avec l’ambition louable de renforcer le système éducatif dans la province du Kasaï Central, le projet EDUKAS (financé par des partenaires internationaux et mis en œuvre par des ONG comme E4Impact, AVSI, AIDES) semble, sur le terrain, décevoir les attentes et susciter l’indignation de la population locale, notamment dans la commune rurale de Bena Leka.
Notre rédaction s’est rendue sur place à l’École Primaire (EP1) Bena Leka pour constater l’état d’avancement des travaux censés améliorer les conditions d’études des enfants de la sous division Demba 2. Le constat est amer et interpelle les autorités ainsi que les partenaires du projet.
Sur le site de l’EP1 Bena Leka, l’image est saisissante : le bâtiment principal, déjà existant et relativement en bon état structurel, a bénéficié d’une simple couche de peinture. Si l’aspect visuel est amélioré, les besoins réels et cruciaux de l’établissement demeurent ignorés.
“On nous a promis des infrastructures dignes pour nos enfants. Au lieu de cela, ils n’ont fait que repeindre un bâtiment qui tenait déjà debout“, s’insurge un parent d’élève, visiblement frustré par ce qu’il considère comme une duperie.

Le cœur du problème réside dans un autre bâtiment de l’école, celui qui nécessitait véritablement une intervention urgente. Totalement délabré, insalubre et dangereux, ce bloc est le lieu où, paradoxalement, la majorité des élèves de l’EP1 sont contraints d’étudier. Murs fissurés, toiture défectueuse, salles de classe inondées à la moindre pluie : ce bâtiment représente un danger permanent pour la sécurité et la santé des apprenants.
Le projet EDUKAS, censé agir sur l’accès et la qualité de l’éducation, a purement et simplement laissé ce bâtiment à l’abandon.
“C’est là que le bât blesse. Pourquoi mettre de la peinture sur ce qui va bien, et ignorer ce qui menace de s’effondrer sur nos enfants ?“, questionne le directeur de l’école, qui a préféré garder l’anonymat. L’utilisation d’élèves dans des travaux de construction, dénoncée localement dans d’autres contextes, ajoute à l’opacité de la gestion de ces chantiers.
La population de Bena Leka se sent flouée. L’action du projet EDUKAS sur cette école est perçue comme un “fiasco“, une opération de communication qui masque l’absence de réelle volonté de résoudre les problèmes de fond de l’éducation dans cette zone sinistrée par des années de conflit et de sous-investissement.
Il est impératif qu’une lumière soit faite sur la gestion des fonds alloués à la rénovation de l’EP1 Bena Leka. Les enfants de la commune rurale de Bena Leka méritent mieux qu’une simple façade repeinte. Ils méritent des salles de classe sûres, dignes et propices à l’apprentissage, rappelle un notable à mwenedituscoop.net.
Comme le dit notre promoteur Dominique Lukono Sowa, “Tuye Bietu Kumpala“, cela signifie avancer réellement, pas seulement en apparence.
Hervé Kazadi Mudipanu













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