Alors que la session parlementaire reprend ses droits, le constat est amer dans l’espace Mwene Ditu-Luilu : les 13 élus de la région ont brillé par leur absence totale sur le terrain. Entre Kinshasa, Kabinda et d’autres horizons lointains, la rupture avec le “souverain primaire” semble consommée.
C’est un silence qui pèse lourd. Un silence qui interroge sur la nature même du contrat social liant l’élu à son électeur. Du 15 décembre 2025 au 15 mars 2026 pour les nationaux et du 30 décembre 2025 au 30 mars 2026 pour les provinciaux, les vacances parlementaires se sont écoulées sans qu’un seul des treize représentants de Mwene Ditu et Luilu ne daigne fouler le sol de sa circonscription pour une restitution en bonne et due forme.
Pendant que les salons feutrés de la capitale gardaient les élus au chaud, les réalités du terrain, elles, n’ont pas pris de vacances. Les rapports de terrain du groupe de presse LuCom Médias sont pourtant alarmants :
* Les barrières de la discorde : Des paysans rackettés à des check-points érigés illégalement par des services ou des particuliers.
* Le cri des nécessiteux : Des doléances sociales et administratives qui s’accumulent, exigeant une médiation politique qui n’est jamais venue.
Face à ces urgences, le siège de l’élu est resté vide. Même les fidèles lieutenants, ces “go-betweens” qui ont battu le pavé durant la campagne, ne cachent plus leur amertume. « Nous ne les reconnaissons plus », confient certains d’entre eux, déçus par l’indifférence de ceux qu’ils ont portés au sommet.
Une question juridique et éthique se pose désormais avec acuité : que contiendront les rapports de vacances parlementaires qui seront déposés aux bureaux des chambres ? Comment décrire les aspirations d’une population qu’on n’a pas écoutée ? Comment remonter les problèmes d’une base que l’on n’a pas visitée ? Le risque de voir des rapports “copiés-collés” ou purement imaginaires plane, discréditant un peu plus le travail législatif.
Tous se réclament de la vision du Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi. Mais en s’éloignant physiquement et moralement de leur base, ces élus rendent-ils réellement service à l’Union Sacrée ?
Le fossé qui se creuse entre la population et ses représentants fragilise l’adhésion populaire à l’action gouvernementale. Si demain, la Haute Autorité de Référence de leur plateforme leur confiait une mission de sensibilisation, auraient-ils encore la légitimité nécessaire pour se faire entendre ? Ou ne feraient-ils que de la figuration devant des électeurs qui se sentent, à juste titre, trahis ?
Le message envoyé par ce désintérêt manifeste est clair : l’élection semble avoir été une fin en soi plutôt que le début d’un service. À Mwene Ditu comme à Luilu, le peuple observe, note et attend. Car si l’élu oublie sa base pendant les vacances, l’électeur, lui, a la mémoire longue. Aujourd’hui, les habitants de cet espace ont le sentiment d’être des “orphelins politiques” demeure plus vif que jamais.
Rédaction











