Artère vitale reliant le centre-ville à la périphérie agricole, l’avenue Aérodrome est aujourd’hui le théâtre d’un calvaire quotidien. Le pont jeté sur la rivière Bondoyi, véritable trait d’union entre deux communes, menace de s’effondrer, isolant les paysans et mettant en péril la vie des enfants.
L’avenue Aérodrome n’est pas une simple route. Elle traverse la ville de part en part, partant de l’église Néo-Centrale sur l’avenue centrale pour rejoindre la sortie vers Mbuji-Mayi. Plus qu’une voie de communication, elle sert de frontière naturelle entre la commune de Mwene-Ditu et celle de Bondoyi.
Pourtant, à quelques encablures du boulevard principal, le voyage devient nettement difficile pour beaucoup. Le pont qui enjambe la rivière Bondoyi est dans un état de délabrement avancé. Pour les nombreux paysans qui l’empruntent chaque matin pour rejoindre leurs champs, la traversée est devenue un exercice de haute voltige.
L’inquiétude grandit à mesure que la saison des pluies dicte sa loi. Interrogés par mwenedituscoop.net, les riverains ne cachent plus leur peur.

« Venez nous aider, s’il vous plaît ! Quand il pleut, la rivière déborde et menace même d’emporter les petits enfants », alerte un habitant du quartier.
Le danger est permanent, particulièrement pour les écoliers qui traversent cet ouvrage de fortune matin et soir. En cas de forte averse, le passage devient impraticable, coupant littéralement une partie de la population du reste de la ville.
Dans la mémoire collective des Ditois, un nom revient avec insistance : celui de Joseph Mukania Kabwe. C’est ce digne fils du terroir qui, entre 2004 et 2005, avait financé sur fonds propres la construction de cette passerelle par “amour pour sa population”.
Vingt ans plus tard, l’ouvrage a vieilli et les usagers se tournent à nouveau vers leur bienfaiteur, tout en interpellant les autorités urbaines et provinciales. Si le geste privé de Joseph Mukania a sauvé la situation pendant deux décennies, l’ampleur des dégâts nécessite aujourd’hui une intervention d’envergure.
Le message des habitants est clair : il faut agir avant qu’un drame ne survienne. Entre cris de détresse vers les autorités et espoir d’un nouveau geste de générosité, le pont Bondoyi attend ses sauveteurs.
Gédéon Sulu, Gaël Sabue
Rédaction











