La nomination de nouveaux secrétaires généraux au sein de l’administration congolaise par le vice-premier ministre et ministre de la Fonction publique fait réagir les acteurs du terrain. Parmi eux, Monsieur Adrien Kalenda, Inspecteur Principal Provincial Adjoint en charge des Finances (IPPAAF) de Lomami 2 qui apporte, à cette occasion, un éclairage technique et historique sur ces changements, particulièrement au ministère de l’Éducation nationale et nouvelle citoyenneté.
Adrien Kalenda a tenu à exprimer sa gratitude envers le Vice-Premier Ministre Lihau et la Ministre de l’Éducation nationale Raïssa Malu pour ces nominations, tout en félicitant les promus dont le secrétaire général Hubert Kimbonza reconduit à l’éducation nationale. Cependant, il souligne que cette décision intervient dans un contexte particulier, visant à corriger des dysfonctionnements anciens dans les relations entre l’Inspection Générale de l’Enseignement (IGE) et le Secrétariat Général.
” Ce qui est arrivé est une correction des erreurs du passé et non une entorse “, affirme l’IPPA.
Cette précision fait suite à une polémique récente concernant la signature des notifications des inspecteurs par l’IGE, polémique que l’Inspection a balayée en invoquant l’ordonnance-loi de 1991. Ce texte garantit en effet l’autonomie de fonctionnement de l’IGE sans nécessairement passer par le Secrétariat Général.
L’IPPAAF Adrien Kalenda apporte une clarification essentielle sur le profil des cadres. Il rappelle que les secrétaires généraux qui se sont succédé au cours de la dernière décennie n’ont pas passé de concours pour accéder à leur poste, étant souvent nommés sur base de recommandations, parfois sans profil adéquat.
” Ce n’est pas le cas de l’Inspecteur Général”, insiste-t-il. “Il est le chef d’un corps d’élite de notre ministère “.
Selon lui, l’Inspecteur Général est issu d’un concours national rigoureux et a gravi tous les échelons par la méritocratie : inspecteur itinérant, exploitant, inspecteur chef de pool, exploitant provincial, IPPA, IPP, IP, IGA avant d’accéder à l’IGE.
” Il n’est pas à comparer avec un simple enseignant recommandé par son frère politicien qui devient secrétaire général sans passer par une structure sérieuse de sélection “, assène-t-il dans un entretien accordé à Lucommedias.cd.
La conclusion de l’analyse de l’IPPAAF est sans équivoque : compte tenu de son parcours et du cadre légal, l’Inspecteur Général a rang de secrétaire général.
” Il ne peut pas recevoir d’ordres d’un autre secrétaire général “, martèle Adrien Kalenda et qui ajoute: ” Il dépend directement du ministre et non de quelqu’un d’autre, conformément à l’ordonnance-loi de 1991 “.
Il termine par une précision ironique : la particularité de l’IGE est qu’il accède à son poste par un concours organisé par le corps d’élite du ministère. Paradoxalement, le diplôme d’État qui pourrait qualifier un secrétaire général aspirant à “commander l’IGE” est lui-même signé par l’IGE et issu des évaluations organisées par ses services.
Cette nomination des secrétaires généraux apparaît donc, au-delà d’un simple remaniement, comme un acte visant à rééquilibrer les pouvoirs, à stopper les velléités de prise en otage et à restaurer la primauté de la méritocratie et du cadre légal au sein de l’administration éducative congolaise. La prise de parole de l’IPPAAF de Lomami 2, Adrien Kalenda, met en lumière les tensions structurelles et les débats sur la gouvernance qui traversent le secteur.
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